stromae

Forest National

Le samedi 5 avril 2014

J’ai l’air malin, moi, maintenant, avec mon blog, à devoir écrire un compte rendu sur le concert de Stromae à Forest national. Je vous explique, c’est simple, plus un concert est bon, plus j’éprouve de la difficulté à en rendre compte fidèlement. Et là, en sortant hier soir du temple bruxellois de la musique (non, non, ce n’est pas le Palais 12), j’étais tellement bluffé par ce que je venais de voir que je me résignais déjà à transformer Minuit dix en une plateforme d’échange et de discussion pour philatélistes à la retraite.

Mais bon allez, haut les cœurs, après une courte nuit de sommeil et une matinée passée aux côtés de mes filles à greloter sur les bords de la patinoire du Poséidon, je me risque malgré tout à écrire quelques lignes forcément bien en-dessous de l’incroyable spectacle que Stromae offre en ce moment à son public.

Le public

Son public, tiens, parlons-en. Manifestement, avec un public aussi métissé dans les âges, Stromae réunit et fédère toutes les générations. Pêle-mêle, à ses spectacles, si enfants et adolescents sont bien présents, il faut aussi compter sur bon nombre d’adultes de tous âges, voire même sur quelques mamies et papys. Et n’allez pas croire que les adultes sont forcément accompagnés d’enfants ou, si tel est le cas, que ce sont les parents qui les ont emmenés au concert. Parfois, l’émerveillement et l’enthousiasme des aînés surpassent largement ceux des plus jeunes.

Le visuel

Epoustouflant ! Il y a au moins une idée différente à chaque nouveau morceau interprété. Chaque titre est ainsi magnifié par un visuel au graphisme parfait avec tour à tour film d’animation en noir et blanc (l’entrée en scène est de toute beauté), effets d’ombres et de lumières, lasers et autres projections. Pour n’en citer qu’un, le sombre Quand c’est par exemple, magnifique chanson sur le cancer, prend une dimension dramatique impressionnante avec ce crabe géant envahissant peu à peu l’immense écran blanc situé en fond de scène.

La setlist

Stromae puise abondamment dans les titres de son second album « Racine carrée » pour constituer la setlist d’une prestation qui avoisine généreusement les deux heures. Il y a bien sûr Papaoutai, Formidable, Tous les mêmes, Bâtard, Ta fête, … Rien ne manque. Seuls quelques titres de « Cheese » complètent ensuite çà et là le tableau : Silence, Peace or Violence, Te Quiero et le très méconnu et sous-estimé Alors on danse. Cerise sur le gâteau de la soirée du samedi, Arno l’Ostendais est présent pour partager avec le maestro bruxellois son célèbre Putain, Putain. Pour ceux qui me connaissent, devinez qui était aux anges ?

L’ambiance

Chaude, très chaude. Une heure avant le concert, tout Forest National frappe déjà dans les mains et scande le nom du chanteur. Il a fallu beaucoup de courage, de recul et d’humour à Christine & The Queens pour assurer une première partie face à une telle impatience. Et quand l’artiste entre enfin en scène, une indescriptible ambiance de fête totale s’installe deux heures durant dans la fosse, les gradins et les balcons du bouillonnant chaudron bruxellois. L’osmose, la complicité et l’affection sont palpables entre Stromae et ses « compatriotes ». C’est la toute première fois aussi que je vois et entends le public de Forest Vorst quitter la salle en chantant un peu partout dans les rues. Aaah Polo et ses moules frites ! Yo yo yo, yo yo yooo !

La surprise

Outre la présence d’Arno, Stromae a une nouvelle fois été secouru à la fin de Formidable par le policier attentionné que l’on peut voir et entendre dans le clip tourné place Louise, et en tenue s’il vous plaît. Jamais je n’ai vu un agent de police être accueilli aussi triomphalement dans une salle de concert. Pas de doute, aujourd’hui, au pays de Tintin, du chocolat, de la bière et des "belgian fries", ce type est un héros.

Je pourrais être plus précis encore, en raconter davantage, parler par exemple de l’arrivée de l’ami Paul, poupée immobile figée dans sa boîte en plastique géante, en intro de Papaoutai, mais j’ai vraiment à cœur de ne pas trop en dire pour ne pas déflorer les multiples surprises qui parsèment cet incroyable concert. Une prestation hors-norme livrée par un artiste hors-norme.

Le marchandising

Je n’ai pas vu de marchandising dans la salle samedi soir. Pas de t-shirt, pas de sweat, pas de mug, pas de porte-clés, … rien. Or pour moi, à ce niveau-là, un spectacle sans marchandising, c'est du jamais vu. Impossible dès lors d'accuser Stromae de faire les poches des gamins et ados qui se pressent à ses concerts avec des fripes ou des babioles à son effigie. Et pourtant, c'est un marché on ne peut plus lucratif. Quant aux posters, c’est uniquement à l’extérieur qu’ils étaient vendus. J’en ai vu à cinq euros !? Oui mais ils sont dédicacés, m’a dit alors avec assurance le vendeur.

La semaine prochaine, je retourne. J’emmène mes filles, Méline et Fanny, à la Lotto Arena d’Anvers pour assister à ce concert. Ben oui, il faut bien que je m’assure que c’est de leur âge et de qualité avant d’y aller avec elles. ;-) A moins peut-être que ce ne soit mes filles qui m’y emmènent…

Anciennes chroniques, à lire ou à relire : Stromae au BSF en août et au Cirque Royal en décembre 2011

Une très très belle critique signée Rudy Léonet.

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Avec Cathy

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