1509144_826875154000145_6075826455150571104_n

Botanique

Rotonde

Le samedi 18 octobre 2014

Il y a quelques semaines, j’ai littéralement été happé par De Folie Pure, un morceau exotique et halluciné défendu par un groupe français au nom quelque peu étrange, Moodoïd. Sur un rythme festif et estival, le groupe nous transporte en un seul titre aux confins de la Chine, de l’Afrique ou de l’Inde (à vous de voir, en fait !?). Malgré des paroles en français, le trouble augmente encore à la vision du clip où se côtoient chorégraphie indienne, temple chinois et références africaines, le tout filmé en banlieue parisienne.

Séduction et curiosité m’ont incité à poursuivre mes investigations. Quelques clics de souris plus loin, j’ai alors découvert deux titres supplémentaires, Je suis la montagne et La lune, aux atmosphères à la fois douces et oniriques. Sans le savoir, je venais de franchir les portes d’un univers étrange et excitant, Le Monde Möö et de partir à la découverte d’une pop libre et rêveuse, parfois asymétrique et décomposée (voire même déconcertante pour certains), aux teintes parfois electro, parfois jazzy, parfois funky.

Moodoïd, c’est le tout jeune groupe créé par Pablo Padovani (guitariste de Melody’s Echo Chamber et fils du jazzman Jean-Marc Padovani). Progressivement, quatre femmes se sont jointes à lui pour donner corps au projet. Il y eut tout d’abord la claviériste Lucie Droga et la bassiste Clémence Lasme. Elles furent rejointes ensuite par la batteuse Lucie Antunes et, tout récemment, par Maud Nadal à la guitare et au chant.

Pour accentuer les atmosphères rêveuses de leur musique, les cinq musiciens se présentent sur scène vêtus de costumes étincelants agrémentés de multiples paillettes. Chacun se grime également d’un mystérieux masque d’or peint directement sur la partie supérieure du visage. Au Botanique hier soir, face à une Rotonde surchauffée, Moodoïd a merveilleusement démontré qu’au delà d’un univers unique et original, le groupe possède également d’incontestables qualités scéniques. Durant près d’une heure et demi, Pablo Padovani et ses élégantes comparses ont emmené avec eux le public bruxellois pour une belle promenade dans des contrées pleines de mystères et d’harmonie. Si quelques morceaux aux structures plus alambiquées peuvent bien dérouter une oreille non avertie, des titres comme Je suis la montagne, La Lune ou Bleu est le feu ne pourront que séduire le plus grand nombre. Bien plus mordant et rugueux en concert que sur album (mention spéciale à Lucie Antunes qui est impressionnante de virtuosité et de puissance à la batterie), je n’imagine pas les affiches de grands festivals belges comme Dour ou les Francofolies de Spa, par exemple, se passer l’été prochain de la présence de Moodoïd. 

Si tant est que je puisse avoir la moindre influence sur vous, chers lecteurs de Minuit dix, ne vous précipitez pas chez votre disquaire pour faire l’acquisition du précieux Monde Möö de Moodoïd, ce dernier n’est pas encore sorti en Belgique (ou alors sur des plateformes comme iTunes). Et d’ailleurs, peut-être même que Moodoïd n’existe pas vraiment, qu’il n’est jamais venu jouer à Bruxelles, que la Rotonde n’est qu’une construction de l’esprit et que tout ça ne relève en fait que d’une étrange rêverie…

 

Setlist : Je suis la montagne / Machine metal / Heavy Metal Be Pop 2 / Bongo bongo club / Les chemins de traverse / Les filles font que le temps est jouissif / Bleu est le feu / Yes & You

La lune / De folie pure / Je suis la montagne

 

Avec Cathy