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La Nuit du Soir

Botanique

Rotonde et Orangerie

Le mercredi 24 septembre 2014

A chaque rentrée, la Nuit du Soir est un incontournable pour les amateurs de musique. Depuis 10 ans, cette soirée a pour principal objectif de donner un bon coup de pouce à quelques artistes ou groupes belges à l’aube de leur carrière. Quatre à cinq formations font alors leurs premières armes (ou presque) sur les scènes de la Rotonde ou de l’Orangerie. En fin de soirée, un artiste plus confirmé vient jouer les locomotives et clôturer en beauté les festivités. Souvent, sa présence est l’occasion pour lui de renvoyer l’ascenseur à une précédente édition de l’évènement. Dans mon cas, c’est aux différentes Nuits du Soir que j’ai vu pour la première fois Sharko, Montevideo, Noa Moon, Soldout, Little X Monkeys ou Antoine Chance en concert. Recorders, Eté 67, Great Mountain Fire, Vismets et Suarez (pour ne citer qu’eux) doivent également une fière chandelle à cette soirée annuelle.

Cette année, pour l’édition 2014, la rédaction musicale du Soir a invité La Cécité Des Amoureux, Applause, Li-Lo*, les Vismets, Robbing Millions et Sharko à se produire successivement sur les scènes du Botanique. Trois d’entre eux ont particulièrement aiguisé ma curiosité.

La Cécité Des Amoureux.

Ce jeune groupe liégeois a ouvert la soirée sur la scène de la Rotonde. Déjà, il y a beaucoup de monde dans la salle. Autour de Jeff Bertemes, chanteur un peu fantasque, un peu exubérant, un guitariste qui, paraît-il, ne se produit jamais sans ses plumes d’indiens (Julien Hockers), une pianiste classique toute de blanc vêtue (Maud Duchesnes), un contrebassiste (Henri Charlier), un percussionniste (Alexi Dick) et une harpiste toute de rouge vêtue (dont le nom m’échappe, help !). Leurs atouts ? Un répertoire très chanson française, empli de poésie, qui navigue du côté de chez Juliette Gréco ou Barbara, un goût prononcé pour les petits détails visuels apportés à leur prestation (baskets et veste lumineuses par exemple) et un humour tendre et décalé (le chanteur semble chuchoter ses confidences aux oreilles du public, à la manière d’un conteur pour enfants). Pour tout vous dire, à vingt heures trente, terme de leur courte prestation, pour mes amis et moi, on tenait déjà notre coup de cœur de l’année.

Une petite anecdote pour la route ? Alors que Jeff Bertemes évoque les cantons de l’est dont il est originaire pour présenter une chanson en langue allemande, le public est pris d’effroi face au « Vive Le Pen ! » qu’un abruti croit bon d’éructer. Le concert terminé, nous évoquons ce moment entre amis… jusqu’au moment où l’un d’entre nous éclate de rire en nous expliquant que les seuls abrutis présents dans la salle sont ceux qui ont mal compris un très anodin « Vive Eupen ! ». Moment de solitude.

Li-Lo*.

Après un court détour du côté de l’Orangerie pour y applaudir Applause, nous retournons nous poser dans une Rotonde baignée d’une douce lumière. Voir Li-Lo* en concert, c’est partager ensemble un moment de calme et de quiétude. Dans une atmosphère intimiste, les mélodies tour à tour pop et folk de Sylvie Botton nous invitent à nous poser, à prendre notre temps et à nous relaxer.

Vismets.

Vu, revu et rerevu. Rien que cette année, je les ai successivement croisés à la soirée ABBota et à l’Inc’Rock Festival. De quoi se lasser ? Hé bien non, pas le moins du monde ! Il faut dire qu’à chaque fois, ils quittent un peu plus les berges d’un rock brutal, granuleux, groovy pour explorer celles, plus aventureuses, du rock psychédélique seventies, façon Pink Floyd ou Syd Barrett. Mercredi dernier, les Vismets ont même plus que largement accoster sur l’autre rive et dans cet autre univers musical tant ils se sont voués à de longues plages puissantes et hypnotiques. Gageons qu’en explorant cette nouvelle voie, ils ne dérouteront pas trop leurs fans de la première heure.

La Nuit du Soir, c’est aussi beaucoup de monde qui se promène dans les couloirs, au bar ou à l’entrée des salles. Très difficile, voire impossible de tout voir. Je n’ai vu Applause que le temps de trois morceaux, j’ai fait l’impasse sur Robbing Millions et, après le retour de Sarko, par confusion, j’ai boycotté celui de Sharko.

Voilà, moi je l’ai vécu comme ça.

Luc Tambeur

Avec Alain, Arnaud, Jérémy et Vincent


La nuit du Soir 2014 par Le_Soir